Le jeu de l’ange, Carlos Ruiz Zafón

Posted on avril 9, 2011 par

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Ma note: 7/10

Voici la quatrième de couverture : Barcelone, années 1920. David Martin, dix-sept ans, travaille au journal La Voie de l’Industrie. Son existence bascule un soir de crise au journal : il faut trouver de toute urgence un remplaçant au feuilletoniste dominical. Sur les conseils de Pedro Vidal, chroniqueur à ses heures, David est choisi. Son feuilleton rencontre un immense succès et, pour la première fois, David est payé pour ce qu’il aime le plus au monde : écrire. En plein succès, David accepte l’offre de deux éditeurs peu scrupuleux : produire à un rythme effréné des feuilletons sous pseudonyme. Mais après quelques années, à bout de force, David va renoncer. Ses éditeurs lui accordent alors neuf mois pour écrire son propre roman. Celui-ci, boudé par la critique et sabordé par les éditeurs, est un échec. David est d’autant plus désespéré que la jeune fille dont il est amoureux depuis toujours – et à laquelle le livre est secrètement dédié – va épouser Pedro Vidal. Son ami libraire, Sempere, choisit ce moment pour l’emmener au Cimetière des livres oubliés, où David dépose le sien. Puis arrive une offre extraordinaire : un éditeur parisien, Corelli, lui propose, moyennant cent mille francs, une fortune, de créer un texte fondateur, sorte de nouvelle Bible,  » une histoire pour laquelle les hommes seraient capables de vivre et de mourir, de tuer et d’être tués, d’offrir leur âme « . Du jour où il accepte ce contrat, une étrange mécanique du meurtre se met en place autour de David. En vendant sa liberté d’écrivain, aurait-il vendu son âme au diable ? Épouvanté et fasciné, David se lance dans une enquête sur ce curieux éditeur, dont les pouvoirs semblent transcender le temps et l’espace.

Quand j’ai débuté la lecture de ce roman, je ne savais pas que j’avais sous la main un récit du genre gothique. Le dernier roman de ce genre que j’avais lu était « L’indésirable » de Sarah Waters. Bien que ce roman de Zafón ne soit pas uniquement en lien avec le sujet des maisons hantées comme ce fut  le cas avec celui de Sarah Waters, plusieurs éléments sont semblables comme à peu près tous les romans gothiques. Ils sont construits de la même façon, notamment avec une atmosphère angoissante qui s’en dégage. Mais surtout, ce qui frappe (encore plus avec Zafón) est la plume somptueuse des auteurs de ce genre littéraire. Généralement les romans sont longs (ce qui est le cas avec « Le jeu de l’ange ») parce que les descriptions sont abondantes. Souvent aussi, elles le sont trop, parce qu’une des forces d’un roman selon moi est le poids de chaque mot et donc, les descriptions trop longues gâchent un peu ce poids des mots.

 Pour le roman en tant que tel, je m’attendais à un peu mieux. Les lecteurs ont été charmé partout dans le monde par cet auteur (et ce récit). Mais pour ma part, j’ai trouvé que l’histoire s’étirait en longueur. Aussi, on finit par voir les ficelles de l’histoire, ce qui n’est généralement pas bon signe. Même si ces ficelles sont noyées dans une mer de descriptions et de prose, elles nous apparaissent évidentes à un moment donné, ce qui m’a agacé, surtout vers la fin.

 Mais trompons-nous pas. Ce roman livre la marchandise (cependant, avec plusieurs bémols). Il nous fait passer un agréable moment de lecture, entre autres avec le style gothique qui s’en dégage. Par contre, je ne crierai pas au génie comme certains l’ont fait.

 Finalement, même si je ne suis pas d’accord avec les opinions de l’auteur (parce qu’il affirme que les meilleurs conteurs dans le monde travaillent maintenant pour les séries télévisées États-Uniennes et que la plupart des romanciers ne savent plus raconter une histoire) je dois admettre qu’il a un certain talent d’auteur. Aussi, on voit qu’il a le souci de divertir son public (avec une bonne histoire). Mais personnellement, je crois que le style doit primer sur l’histoire et comme le dit si bien Céline, si vous voulez de bonnes histoires, allez lire les journaux. Et de grâce, laissez le style pour la littérature. C’est cela la force de la littérature mais malheureusement, M. Zafón ne l’a pas tout à fait compris. Dommage.

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Posted in: Critiques